petit projet graphique 2
graphisme improductif
thème de travail initié par SimonB
Questionnement
Si nous considérons la définition économique de l’improductif, c’est-à-dire
toute entité ou activité «qui ne contribue pas directement à produire des biens»
(Dictionnaire Le Robert), alors notre temps hors travail est lui aussi productif. En effet,
l’économie de l’attention, c’est-à-dire une monétisation de notre concentration, est mise au service du
marché du loisir qui prône un divertissement constant par des activités payantes.
Problème
Le graphiste, en tant que faiseur d’images, a un rôle à jouer dans l'économie de
l'attention.
Problématique
Le graphiste peut-il continuer à produire sans participer à l'économie de
l’attention, voire en la contrant?
Consigne
Sous la forme de votre choix, vous resituerez un support ou objet physique ou
numérique témoignant d’un engagement pour un environnement visuel plus calme.
durée : 10h00/dates : 18 et 25 septembre 2026
Awenn & Eve
Problème
Dans une société qui engage des activités liées à la monétisation.
Problématique
Comment détourner cette économie autour de la création?
Recherche
Lors d’une balade au sein de Roubaix, un protocole a été mis en place: Balade d’une durée de 1 heure. Enregistrée par Strava. Les directions sont données par le pile (Tourner à gauche) ou face (Tourner à droite) d’un lancer d’une pièce. Prendre une photo d’une typographie avant chaque lancé de pièce.
La restitution de ce moment prend la forme d’une carte, n’ayant aucune information directionnelle. Le protocole de création et de sa conception sont les suivants: Un choix de 60 photos; Aucune retouche ou modification possible sur les images; Jeux de superposition et de transparence entre les images qui forment un fond et le tracé qui vient s’inscrire sur le dessus.
Adélie & Ela
Problème
…
Problématique
…?
Recherche
…
Eva & Marie
Problème
Éveiller les consciences sur l’économie de l’attention et la surcharge visuelle qui nous entoure au quotidien.
Problématique
Comment faire une action choc pour faire prendre conscience au grand public de la surcharge visuelle qui l’entoure?
Recherche
Notre proposition serait initiée par la RAP (Résistance à l’Agression Publicitaire), et aurait pour but d’unifier des produits de grandes distributions. Il est envisageable que l'association se concentre sur les produits d'un hypermarché spécifique, dans le but d'effectuer une action majeure, de faire parler d'elle et d'informer sur les répercussions de l'économie de l'attention. Cette action commence par une version print: des étiquettes minimalistes qui viennent recouvrir les produits originaux.
Dans un second temps, une adaptation web, un bloqueur de publicité qui par principe d’overlay viendrait recouvrir toutes les publicités.
Ces outils seraient disponibles et entretenus aussi sur la plateforme de la RAP, pour que chacun puisse se l’approprier.
Alexandre & Laurine
Problème
Notre quotidien est saturé de messages qui captent l'attention du passant pour vendre quelque chose. Même sans le vouloir, les graphistes qui reprennent ces codes participent malgré eux à cette économie de l’attention.
Problématique
Comment détourner les codes de l'affichage publicitaire pour capter l'attention du passant sans rien lui vendre, et l'amener à questionner les affiches qui l'entourent?
Recherche
Nos recherches sont parties de travaux de designers sur l'économie de l'attention, notamment «Tokyo no ads» de Nicolas Damien, qui retouche des photographies de rues de Tokyo en effaçant le contenu des enseignes et de la signalétique. Il en résulte des images intrigantes, qui évoquent des rendus de logiciel de modélisation 3D.
Cet effacement de la publicité nous a intéressés. Nous avons donc imaginé des affiches, au format A3, destinées à l'affichage libre, à placer à côté d'affiches publicitaires. Chacune présente au centre un objet banal accompagné d'une phrase en variations de gris et en Arial, ces affiches sont volontairement peu attrayantes.
C'est par ce contraste qu'elles deviennent intéressantes: parmi des affiches colorées qui vendent quelque chose, les nôtres sortent du lot par leur sobriété. Intrigué, le passant s'approche, puis comprend qu'il s'est fait piéger: rien n'est vendu. Nous espérons qu'il questionne alors les affiches qui l'entourent.
Notre mot d'ordre pourrait être: «une marque qui trahit l'attention de son public la perd très vite».
Noémie & Océane
Problème
L’économie de l’attention et son impact sur l’improductivité.
Problématique
Comment rendre compte du temps perdu sur les réseaux sociaux et le quantifier?
Recherche
Pour répondre au sujet de Simon, nous avons décidé de représenter le temps perdu à scroller sur les réseaux sociaux. Pour cela, nous avons passé chacune 45 minutes sur Instagram, et avons pris en captures d’écran tous les contenus que nous avons vus. Les 330 images obtenues ont ensuite été collées sur un mur sous forme de grille, qui s’étend également sur le sol.
Ce dispositif nous permet aussi de mettre en avant l’ambivalence de ces supports, qui oscillent entre contenu relevant de l’intime et images publiques, puisqu’elles sont exposées sur des réseaux sociaux.
SimonB & SimonG
Problème
Dans le design graphique, la création paraît être synonyme de production.
Problématique
Que peut-on créer quand il n’y a rien à produire?
Recherche
Dans l’exercice de son métier, le graphiste voit sa créativité monétisée. La création est alors synonyme de production, au service d’une promotion. Sa pratique s’inscrit alors dans le régime capitaliste qui la corrompt en imposant des idéaux d’efficacité (lisibilité, clarté du message…). En l’absence de commande, il semble que cet acte de création ne s’apparenterait plus à de la production, puisqu’elle n’aurait aucun but pécuniaire. Pour s’assurer de ne pas produire, mais uniquement de faire, nous nous sommes posés des règles qui incluaient, entre autre, de ne pas chercher l’inspiration ailleurs.
Pendant près de 10 heures, nous avons dessiné, écrit, plié… sans (trop) s’arrêter. En a résulté une collection de petits objets, étalée d’abord à la verticale sur un panneau puis sur différents étages, sur des tabourets. Ce choix de scénographie s’est fait à la vue des tabourets qui étaient déjà disposés à peu près de cette façon, qui nous a plu.
Au regard des différents supports résultants de cette expérience, on se rend bien compte que l’influence du design graphique ne nous a pas quittés. La plupart relève d’une composition typographique et iconographique dans un format papier. De plus, pour certains supports, s’est immédiatement posée la question de la réutilisation du visuel pour un sticker, une affiche…
Ainsi, on se rend compte que la productivité, au-delà d’être une injonction, relève quasiment du réflexe. Sans commande et sans contrainte nous avons, avec notre pensée formatée par et pour le design graphique, produit de petits objets graphiques.
Questions retenues par SimonB
- Le graphiste peut-il lutter contre l’économie de l’attention en créant à partir d’une envie, d’une impulsion?
- Pour échapper aux idéaux capitalistes de lisibilité et de clarté du message, faut-il repenser le support graphique lui-même (contenus, matériaux, technique, mode de diffusion…) ?
- L’exercice du design graphique peut-il se faire par l’analyse de l’existant, plutôt que par la création?
- Pour s’opposer à l’économie de l’attention, vaut-il mieux en exposer ou en recouvrir les symptômes?