petit projet graphique 8
le design pour faire le bien
thème de travail initié par Anaïs
durée : 6h30 / dates : 12 novembre 2020
durée : 6h30 / dates : 12 novembre 2020
Problème
Peu importe le contexte, tout le monde peut être soumis à une forme de stress au quotidien.
Problématique
Comment proposer un outil de bien-être au quotidien, pouvant s’adapter à chacun ?
Recherche
Nous avons choisi de créer une application pour le bien-être personnel. Nous nous sommes focalisées sur les petits plaisirs du quotidien. Notre application propose quotidiennement des actions à faire chaque jour de façon à se recentrer sur le moment présent et ainsi éloigner le stress. Elle se déclinera plus tard en plusieurs catégories (relaxation, imagerie satisfaisante, mini-jeux, petits plaisirs du quotidien, musiques et ambiances sonores).
Problème
Le superflu dans le branding / marketing pollue l’information nécessaire à son usager.
Problématiques
Comment neutraliser les images de marque ? Comment normaliser et universaliser les informations dites « utiles » ?
Recherche
En tant que graphiste-activiste, nous venons interagir sur le design de marque afin d’éveiller les consciences à travers un affichage sauvage.
Problème
L’espace de travail est à l’opposé de l’idée du bien, il est sujet au stress, à la productivité.
Problématique
Comment le design pourrait-il nous inviter à prendre une pause au travail ?
Recherche
Nous proposons un système de plugin qui viendrait s’afficher sur l’écran pour inviter à prendre une pause. Le but serait de détourner notre regard, d’interrompre le travail pour un temps de repos visuel. Le fait d’utiliser une forme de fenêtre pop-up perturbe même un court instant notre travail. Nous souhaitons à terme développer un espace immersif en collaboration avec d’autres disciplines du design. Ce lieu serait implanté directement dans l’entreprise.
Problème
La Caisse d'Allocations Familiales (branche privée du secteur public) est maladroite et dénonciatrice dans sa communication :
- elle utilise les codes de la publicité qui sont déjà mal vus,
- elle réprimande et génère des messages négatifs : distance entre l'allocataire et l'institution.
Problématique
Comment changer la perception du public vis-à-vis de la CAF ?
Recherche
Communiquer les actions de la CAF de façon rationnelle, en étant pédagogue.
Nous avons travaillé pour les institutions publiques, plus précisément la CAF, qui sont par nature vouées à être utiles, mais qui aujourd'hui sont mal perçues. En effet leur communication est basée sur la réprimande, elle n'est pas positive puisqu'elle parle essentiellement de fraude. Les codes utilisés rappelle la publicité, ce qui n'améliore par leur image. Nous avons alors voulu créer une identité basée sur la pédagogie qui sera utilisée aux sein même des agences. Nous mettons en place une signalétique ainsi qu'un système d'affiches pour simplifier les démarches en agence.
Nous utilisons trois couleurs pour différencier les trois grand pôles. Le bleu pour le logement, le jaune pour l'insertion, et le magenta pour la famille. Ces couleurs permettront de délimiter les espaces et de guider les bénéficiaires du service de la CAF. Il s'agit d'améliorer la relation entre l'institution de la CAF et ses usagers.
- Dans quelle mesure le branding pollue l’information réelle par sa subjectivité, et empêche le lecteur d’accéder à la vérité ? Est-ce que le branding, c’est toujours du mensonge, ou est-ce qu’il peut y avoir une part de vrai ? Y a-t-il une graduation de mensonge ou de vérité selon que le produit vendu soit mauvais pour nous, neutre, ou bon de nature ? Est-ce que donner à rêver, ou enjoliver le réel, c’est forcément mentir ?
- Est-ce que la transparence et la vérité de l’information ne sont pas synonymes de la mort du graphisme ? Car enfin, le graphiste applique forcément une interprétation du sujet dans ses choix typographiques, colorimétriques, de composition, etc. L’usage du graphisme et/ou du rédactionnel appose une couche de subjectivité à l’information. Faut-il aller jusqu’à supprimer tout aspect subjectif pour être juste, et donc, faire le bien ?
- Est-ce qu’au contraire, donner toutes les informations pour être sûr de ne pas tromper le public / lecteur, ça ne risque pas de le perdre encore plus, et finalement d’être nuisible voire dangereux ? Par exemple dans la médicamentation. (Même question pour la vulgarisation et la data visualisation en général : il y a forcément des choix à faire concernant ce qui est dit quand on synthétise, et les détails annexes qui ne sont pas utiles sont mis de côté, alors qu’ils font partie d’un tout).
Il faut faire des choix tempérés pour le bien : ainsi, même dans un domaine où l’éthique semble évidente, le fait de ne pas considérer suffisamment le design peut être nuisible. Le design graphique peut donc être nuisible autant par son utilisation excessive que par son manque. L’interprétation n’est pas un mal, pourvu qu’elle soit modérée.
- On nous propose une application qui nous fait déstresser, avec des variantes sonores, de situation etc. Y a-t-il un traitement spécifique du graphisme qui permettrait de réduire le stress, d’apporter du plaisir, de l’agréable, juste en regardant l’objet graphique ? Peut-on mesurer les couleurs, les formes, les mouvements, les espaces, selon le bien qu’ils font au sujet ? Peut-on imaginer une thérapie par l’image graphique ? Enfin, si le graphisme en soi peut apporter du bien-être à celui qui regarde, comment combiner cette forme de graphisme à celle du design d’information ? Cette combinaison serait la bienvenue en toute situation, mais en particulier dans le milieu médical. Même si le plaisir est une chose bonne, elle ne l’est qu’en équilibre avec la retenue, et la thérapie ne peut être perpétuelle.
- On note aussi que les lieux éthiques par nature font souvent peu d’efforts graphiques, en termes d’esthétique ou d’utilité (institutions publiques, sanitaires, qualité alimentaire), souvent retenus faute de moyens et de priorités apparentes, alors que les lieux allant plutôt contre des principes éthiques de base (groupes industriels privés, pharmaceutique superficielle) couvrent leurs produits de publicités et d’emballages pour se sublimer.
Deux hypothèses :
- soit on considère trop facilement que ce sont les entreprises ayant du capital (et donc les moyens de communiquer) qui sont par essence contraires à un point de vue éthique ;
- soit les entreprises prévoient justement un budget pour maquiller le manque d’éthique ;
tandis que les entreprises du secteur public sont souvent une nécessité, un besoin partagé par les citoyens, et ne souffrent généralement d’aucune concurrence (il n’y aura donc pas besoin de communiquer pour se démarquer, pour autant elles pourraient le faire de façon à ce que les choses soient au moins fonctionnelles pour les usagers ; ce n’est pas parce qu’on est la seule solution qu’il faut donner le minimum, et c’est là que la vertu - ou l’intelligence utilitariste - entre en compte).