le petit projet graphique \ 2025-26

ppg six
repenser le magazine féminin

thème de travail initié par Marie A.


Problème
Les magazines féminins tels qu'ils existent aujourd'hui véhiculent une version idéalisée et globalement conservatrice de la femme. Souvent décriés pour leur forte concentration en publicité, ils sont à la fois un média très accessible et un type de magazine qui semble ne pas convenir à leur public : les femmes.
Que ce soit par leur représentation trop parfaite et irréaliste des femmes, ou le type de sujets abordés. La lecture devient alors un moyen de picorer quelques informations sans trop en regarder le contenu dans sa globalité.
Selon les résultats d’un questionnaire que j’ai pu diffuser pour la préparation de mon terrain de macro projet, les rubriques mode, beauté et people sont en effet les plus présentes dans les magazines féminins mais ne sont pas du tout au centre de l’intérêt des lectrices, et génèrent également le plus de publicité.

Questions
À quoi ressemblerait un numéro de presse féminine qui penserait les femmes différemment et s'intéresserait aux sujets qui les interroge en sortant du stéréotype de la presse féminine classique ? Que dire et quoi montrer dans un magazine adressé aux femmes ?

Pour ce ppg, la demande est de réaliser six pages (au minimum) d'un magazine féminin fictif. L'idée est ici de questionner à la fois le fond et la forme afin de proposer un média plus adapté aux attentes et à la diversité du public féminin concerné. L’objectif est de véritablement repenser et expérimenter autour de ce support de presse magazine tant dans le type de contenu proposé et le ton choisi, mais aussi dans le style graphique proposé et le type d’iconographie convoqué.
Pour vous aider, je vous propose à la consultation plusieurs numéros de magazines féminins classiques, et trois autres numéros d’autres magazines afin de vous donner quelques références (Gaze et la Déferlante revues féministes, Bâtard presse spécialisée, culture et chien, le 1 presse générale, numéro spécial). Vous pourrez également consulter les résultats du questionnaire que j’ai diffusé pour mon mémoire, qui recense les préférences et avis d’un échantillon du public sur la presse féminine.

Pour le contenu, vous êtes libres de vous concerter avec les autres binômes ou non afin de balayer des sujets différents. Le format des pages est de 20,5x 29,2cm (A4 avec 5mm en moins pour du bord perdu).


durée : 10h00 / dates : 5 et 12 décembre 2025


Julia & Pauline

Problème
Les magazines féminins, les plus répandus, proposent aujourd’hui une image de la femme lissée, essayant de proposer un produit convenant au plus de monde, sans oser venir discuter de sujets plus orientés qui risqueraient d’attirer un public plus réduit. Certains sujets ne sont donc pas représentés dans la presse féminine, les cachant sous un tapis.

Problématique
Quelles thématiques pourraient aujourd’hui être mises en avant dans les magazines féminins afin de toucher un nouveau public ?

Recherche
Nous avons créé la mise en page de deux articles traitant de sujets que nous aurions en tant que femmes souhaité voir traités dans la presse féminine. Le premier est un article sur l’interprétation et l’expression de la féminité, particulièrement pour les femmes transgenre, amenant des ressources et des moyens de se sentir plus à l’aise avec son corps, son apparence et sa féminité. Le second article traite du livre Femmes invisibles, de Caroline Criado-Perez, qui traite du manque de considération de la femme, dans la société actuelle, lors de la création de dispositifs supposés non genrés, comme les téléphones, qui sont adaptés à une taille de main d’homme, ou les ceintures de sécurité de voiture, qui peuvent causer aux femmes plus de complications suite à des accidents. Nous avons également réalisé une parodie de publicité dénonçant à la fois le manque de sécurité des femmes dans l’espace public et l’inutile orientation genrée Femme invisible, de Caroline Criado-Perez, qui traite du manque de considération de la femme lors de la création dans la société actuelle de dispositifs supposés non genrés, comme les téléphones, qui sont adaptés à une taille de main d’homme, ou les ceintures de sécurité de voiture, qui peuvent causer aux femmes plus de complications suite à des accidents. Nous avons également réalisé une parodie de publicité dénonçant à la fois le manque de sécurité des femmes dans l’espace public et l’inutile orientation genrée de produits, en présentant un spray au poivre “girly” pour se protéger dans la rue.


Marie A. & Marie L.

Recherche
Pour répondre à la problématique de Marie, nous avons pensé une revue féminine qui contiendrait différents dossiers thématiques. Nous avons donc réalisé l’un de ces dossiers, portant sur les menstruations, que nous avons intitulé⁥: mieux vivre ses règles⁥: on en parle⁥?
L’idée était de décliner plusieurs types de contenu (témoignages, quiz, recettes…) autour de la thématique afin d’informer les femmes sur un sujet qui concerne leur corps et leur santé. De mettre davantage en lumière et en dialogue un sujet encore très tabou aujourd’hui.
À travers notre mise en page, nous avons souhaité partager des conseils et des expériences sans aborder pour autant un ton trop sérieux et médical, dont nous n’avons pas la prétention. La gamme colorée choisie est liée à la thématique des règles sans se conformer aux clichés graphiques féminins. Le rouge et le brun pour la couleur des règles, et le bleu en clin d’oeil aux anciennes publicités qui ne montraient pas la vraie couleur des menstruations.
Enfin, nous n’avons volontairement pas représenté de corps de femmes afin que chacun.e se sente inclus et représenté.


Katell & Luca

Problème
Dans la presse féminine, les femmes de plus de 50 ans sont majoritairement invisibilisées ou représentées à travers des stéréotypes réducteurs (peur du vieillissement, injonction à rester jeune, focalisation sur le corps à corriger…). Ces représentations contribuent à culpabiliser le vieillissement et à marginaliser une large partie des femmes.

Problématique
Peut-on représenter les femmes de plus de 50 ans dans un magazine féminin sans les culpabiliser de vieillir ?

Recherche
Ce projet consiste en la création d’une rubrique au sein d’un magazine féminin, pensée pour des femmes de plus de 50 ans. L’objectif n’est pas de traiter le vieillissement comme un problème, mais comme une réalité multiple et légitime.

La section met en avant des femmes issues de la culture (cinéma, littérature, arts, médias) qui représentent ou incarnent ces âges, afin d’offrir des exemples variés. À travers ces figures, le projet analyse les stéréotypes liés à l’âge, pointe les problèmes dans les représentations dominantes et ouvre des pistes pour s’en émanciper.

La mise en page s’inspire volontairement des magazines traditionnellement destinés aux femmes âgées, afin de dialoguer avec leurs codes plutôt que de les rejeter. Le dispositif conserve une mise en page en deux colonnes, un fond blanc et l’utilisation d’une seule couleur dominante. Ces choix sont retravaillés de manière contemporaine pour s’adapter au public visé. Le corps de texte est légèrement plus épais, favorisant le confort de lecture. La typographie est choisie pour sa grande lisibilité sur des textes longs et explicatifs, permettant un confort de lecture sur des contenus plus denses, analytiques et pédagogiques. L’ensemble vise une lecture accessible, sans simplification excessive, respectant l’intelligence et l’expérience des lectrices.


Mathilde, Paula & Timéo

Idée directrice
Ce projet part du constat que certains sujets qui concernent directement les femmes, comme le plaisir féminin en solo, sont peu présents dans la presse féminine traditionnelle. Lorsqu’ils sont abordés, cela se fait souvent de manière indirecte, édulcorée ou taboue. Le projet propose donc la création d’une rubrique sexualité qui traite ces thématiques de façon ouverte, claire et informative, afin d’accompagner les femmes dans une meilleure connaissance de leur sexualité et de leur bien-être.

Objectifs
Donner une place à des sujets encore peu traités dans la presse féminine.
Informer et éduquer sans jugement ni censure.
Participer à rendre moins tabou la sexualité féminine.
Offrir aux lectrices des contenus utiles, accessibles et en phase avec l’évolution des mentalités.
Proposer une approche qui valorise l’autonomie, la connaissance de soi et le respect du corps, sans tomber dans le sensationnalisme.

Approche éditoriale et fonctionnelle
La rubrique s’appuie sur une sélection de contenus variés mais cohérents, tous orientés vers l’information et l’accompagnement. Un article autour de la série How to Build a Sex Room permet d’introduire le sujet à partir d’un média populaire et accessible. Un autre article consacré au shibari aborde cette pratique sous un angle culturel et sécuritaire, afin d’en dépasser les clichés, et informer sur cette pratique. Un guide sur la masturbation féminine traite ce sujet comme un outil de bien-être et de connaissance de soi, en réponse à un manque réel dans la presse traditionnelle.
La rubrique intègre également une page de publicité thématique, pensée comme une ressource complémentaire, proposant des objets ou supports en lien avec les sujets abordés. L’ensemble de la ligne éditoriale vise à informer, décomplexer et accompagner, sans moraliser ni glamouriser la sexualité.

Approche plastique et direction artistique
La stratégie de représentation repose sur l’utilisation exclusive d’illustrations réalisées par des artistes identifiés dans le magazine. Ce choix permet d’éviter les normes esthétiques dominantes et représentations de la femme irréalistes et hétéronormées, de proposer des représentations plus sensibles et moins objectivantes, et d’inscrire le projet dans une démarche culturelle et artistique plutôt que militante.
La direction artistique accompagne ces intentions par une palette de couleurs chaudes, évoquant l’intimité et la sensualité, une mise en page épurée favorisant la lisibilité, et une typographie sobre qui ancre le projet dans un cadre éditorial sérieux. L’ensemble crée un espace visuel calme et respectueux, propice à l’abord de sujets intimes sans voyeurisme ni provocation.

Forme finale
Le projet se concrétise par une rubrique sexualité intégrée à un magazine féminin, mêlant articles, guides et ressources pratiques. Par son contenu et sa direction artistique, elle propose une approche mature, pédagogique et accessible de la sexualité féminine. Le dispositif vise à offrir aux lectrices un espace d’information fiable et décomplexé, où la sexualité est abordée comme un aspect normal, personnel et essentiel du bien-être.



Questions retenues par Marie A.

Pour ce ppg, je m’interrogeais sur la forme que pourrait prendre un magazine féminin si on le sortait des codes et thématiques classiques pour se recentrer sur la demande et les goûts des lectrices⁥: À quoi pourrait-il ressembler⁥? De quoi parlerait-on dans ses colonnes⁥? Quel ton emprunterait-on⁥?
Les projets réalisés ont permis d’aborder différentes thématiques de manière variée, et ont tous soulevé des enjeux qui m’amènent à en retenir de nouveaux questionnements :

- Quels sujets aborder, et quel ton adopter ?
- Quelle place l’aspect manifestant et revendicatif doit-il prendre dans un magazine féminin ? Peut-on penser un magazine adressé aux femmes sans aucune dimension engagée ?
- Comment s’adapter à un public mis de côté dans la presse féminine classique (ici les personnes âgées ou les femmes transgenre) afin de donner à voir une définition du féminin multiple ?
- Quel doit-être l’objectif d’un magazine féminin ? Et, comme il a souvent été le cas dans les projets réalisés, doit-il forcément avoir pour vocation d’informer ou d’éduquer ?