le petit projet graphique \ 2024-25

petit projet graphique 2
l'inachevé et le design graphique

thème de travail initié par Alice B


Questionnement
Les projets de design graphique sont en constante évolution, avec des révisions, des ajustements. Lors de réponses à des appels d'offres ou de présentation de plusieurs pistes de recherches à des clients, de nombreuses idées sont entamées mais restent inachevées. Pourtant, elles font partie de la réflexion générale du designer et il est difficile pour certains d’entre eux de s’en séparer.


Problème
Au fil des années, les designers qui souhaitent garder leurs pistes de réflexions pour chacun de leurs projets se retrouvent avec de nombreux fichiers sans pour autant y trouver une utilité.


Problématique
Designers, que faites-vous de vos fichiers ?, question posée par Geoffrey Dorne, designer français.

Dans l’article, vous verrez que Geoffrey Dorne propose quelques pistes de réponses à cette question.

Il vous est demandé de trouver une manière innovante de répondre à cette problématique tout en y trouvant une utilité/un bénéfice. Cela peut tourner autour de l’archivage, de la réutilisation, du classement, de la recomposition, ou autre. La production peut être web ou print.

Comme base de données, il vous est possible d’utiliser vos propres pistes de recherches d’anciens projets réalisés ou des projets d’autres designers classés comme inachevés / non-retenus. Sinon vous en trouverez plusieurs ici.


durée : 10h00 / dates : 13 et 20 septembre 2023


Emma & Solenne

Problème
Que deviennent les projets inachevés des designer graphique ?

Problématique
Comment réinvestir les projets inachevés afin de leur donner une seconde vie ?

Recherche
Pour répondre à la demande d’Alice, nous avons imaginé un magazine périodique, Projets à l’adoption, dédié à la mise en lumière de projets graphiques inachevés. Chaque numéro dévoile des créations oubliées, qu'il s'agisse d'identités visuelles abandonnées ou de typographies jamais finalisées. Ce magazine vise à offrir une seconde vie à ces projets en les réinvestissant sous de nouvelles perspectives et collaborations. Il se présente comme une vitrine pour les créateurs tout en offrant aux lecteurs la possibilité d’adopter des projets existants à moindre coût. Disponible en librairie ou par abonnement, Projets à l’adoption s’adresse aux professionnels, aux étudiants et à tous ceux qui souhaitent découvrir l’envers du décor créatif.


Camille & Perrine

Problème
Designers, que faites-vous de vos fichiers ?

Problématique
Comment un créateur / designer peut-il créer un nouvel intérêt à ses fichiers inutilisés ?

Recherche
Same Sheet : Redonner vie aux fichiers inachevés.

Same Sheet est un projet d'archive collaborative visant à redonner de la valeur aux essais et expérimentations plastiques laissés de côté. Ce site présente une collection de compositions, croquis, et autres essais qui n'ont pas été utilisés dans les projets finaux.

Chaque fichier est accompagné de courts textes retraçant le contexte et les souvenirs associés, ajoutant une dimension humaine et personnelle aux visuels, tels un journal intime.

Parallèlement, les travaux disponibles peuvent être téléchargés gratuitement par d'autres créateurs qui visitent le site. L'objectif est ici de donner une seconde vie à ces formes expérimentales à travers un design collaboratif. Une fois les travaux téléchargés, les utilisateurs sont encouragés à partager leurs créations, qui seront ajoutées à la galerie du site. La communauté offre ainsi une continuité à ces archives et permettant d’explorer leur potentiel créatif inexploité.




Interface de l'application


Anaëlle & Paul

Problème
Quel avenir accorder aux projets inachevés des designers ? Que faire de ses projets inachevés ?

Problématique
En quoi la mise en danger par la réutilisation d’un projet que l’on considère raté peut contraindre à composer avec des méthodes créatives inhabituelles ?

Recherche
Notre problématique se construit autour du prisme par lequel nous avons choisi d’envisager le projet inachevé : un projet inachevé constitue une forme d’échec. Que ce soit par manque de temps, ou parce qu’il n’a pas réussi à convaincre son commanditaire, ou encore à cause de choix graphiques inappropriés… peu importe la raison de son inaboutissement, quelque part au fond de nous, ce projet inspirera l’échec.

De ce postulat est née notre envie de transformer le projet inachevé en un point de départ créatif, en vue d’une reconsidération des notions de réussite et d’échec. Réinvestir un projet inachevé ou que l’on considère raté peut, dans une certaine mesure, être une preuve valorisante de notre évolution depuis que nous l’avons laissé de côté.

Il peut aussi être une contrainte créative qui, tout en nous réconciliant avec un échec passé, nous incite à trouver de nouvelles idées, à envisager des méthodes de travail alternatives, en partant d’éléments existants.

Le projet réalisé au cours de ce PPG se présente ainsi comme un exercice, une méthode créative et thérapeutique, adressée aux étudiants en design graphique, mais pouvant s’étendre aux professionnels du design de manière plus générale.

La méthode se présente en 3 étapes :
1. :Sélection du projet inachevé générant un sentiment de frustration ou d’échec.
2. :Questionnaire facultatif à visée thérapeutique, permettant de réaliser un point sur les manquements observés du projet et les potentiels axes d’amélioration.
3. :Réinvestir le projet et décider de son nouvel avenir :
  - Il continue de servir l’objectif initial : un changement de médium, de support peut être suffisant pour prolonger le projet et le compléter.
  - Il devient le point de départ d’une expérimentation graphique : afin de stimuler la créativité, il faut choisir un sujet fictif (parmi les exemples proposés au verso du fanzine) auquel répondre en réinvestissant les formes imposées par le projet inachevé.

Afin de vérifier la validité de notre guide, le protocole a été mis en pratique à partir d’un projet inachevé de Paul. Les deux affiches en sont le résultat : une façon efficace de réexploiter ce visage 3D destiné aux oubliettes.


Clara & Constance

Problème

Problématique
… ?

Recherche
Plateforme de template D terré

On pense que ce qui nous empêche de ré-investir les fichiers est le cadre qu’imposait le client. À cet aspect s’ajoutent les contraintes de temps et de financement que doit faire face le designer graphique. En prenant en compte ces barrières, on a choisi de créer sur une plateforme web générative qui propose des template de mise en page. Le designer peut les fichiers librement et construire son propre poster ou fanzine en faisant glisser ses fichiers inachevés dans les emplacements dédiés. L’outil du template permet de répondre aux besoins d’efficacité, de liberté et d’expérimentation induit par les contraintes précédemment citées. Les fichiers inachevés reprennent ainsi de la valeur aux yeux du designer car il prend la forme d’un imprimé vivant et réinstaure le plaisir de tester des associations d’images. Le format des pages (A5) permet de rendre l’impression plus accessible. Le fanzine peut notamment servir de support annexe au portfolio pour présenter en toute transparence ses réalisations et montrer qu’il fait force de proposition.


Eloïne & Solène

Problème
Réinvestir son travail graphique inachevé autrement que par le profit.

Problématique
Dans quelle mesure nos projets inachevés peuvent reprendre vie pour servir au design social ?

Recherche
Notre objectif était de redonner vie à nos productions graphiques que nous considérions comme des échecs ou qui n'étaient pas assez aboutis. Pour ce faire, nous avons sélectionné et détourné des formes de ces divers projets. Cela nous a permis de former une banque de formes graphiques diverses et variées. L'idée était ensuite de fabriquer des tampons 3D de ces formes afin qu'elles puissent servir à des ateliers participatifs dans des ZUP. L'intention était alors non seulement de redonner vie à nos formes entièrement déconnectées de leur contexte initial, mais aussi de réinvestir des lieux délaissés. Malheureusement nous n'avons pas pu produire ces kits de formes graphiques, c'est pourquoi nous avons simulé leurs applications à l'aide de la risographie. Nous avons également produit une maquette d'un site qui servirait à archiver ses formes et à montrer leur histoire. En conclusion, notre initiative sert un design plus social en invitant le public à être acteur de l'esthétique du monde qui l'entoure — le public venant achevé son travail inachevé — faisant du designer un médiateur.


Alice B & Alice C

Problème
Au fil des années, les designers qui souhaitent garder leurs pistes de réflexions pour chacun de leurs projets se retrouvent avec de nombreux fichiers sans pour autant y trouver une utilité.

Problématique
Comment encourager les designers graphiques à réutiliser leurs projets inachevés ?

Recherche
Nous avons commencé par dégager deux notions du terme inachevé : « rencontre », l’hybridation entre plusieurs projets, leur évolution et « interaction », développement de l’imagination, création de nouvelles choses.

Nous sommes partie du principe que dans chaque projet inachevé tout n’est pas bon à garder mais que certains éléments peuvent être réinvestis. Ainsi, nous avons imaginé un outil dans lequel le designer peut venir mettre de côté les éléments de chaque projet qu’il souhaite garder. Cet outil créatif se matérialise sous forme de classeur que l’on peut compléter à l’infini, enlever, ajouter des éléments et également les manipuler. L’impression sur calque permet également de pouvoir les confronter les uns aux autres, de les hybrider et de susciter de nouvelles idées. Ce classeur permet de créer une nouvelle source d’inspiration qui peut être personnelle ou partagée. Nous avons ensuite imaginé la possibilité que ces bribes de projets pourraient être échangés entre designers lors de rencontres organisées.



Questions retenues par Alice B

- La matérialisation (impression) des projets inachevés nous pousse-t-elle davantage à les réutiliser ?
- Les projets inachevés d’un designer sont-ils plus représentatifs de sa pratique que ses projets achevés ?
- Faut-il nécessairement s'éloigner du contexte initial d'un projet inachevé et se concentrer uniquement sur ses formes pour réussir à le réinvestir dans une nouvelle demande ?
- En quoi la réutilisation d’un projet qu’on considère raté peut être une contrainte qui nous force à utiliser des méthodes inhabituelles ?
- En quoi la réutilisation d'un projet considéré comme raté peut-elle remettre en question notre perception de la notion d'échec ?