Hugo & Rémi
Problème
Nous avons constaté que la plupart des concours, et par extension les appels d’offre en design graphique, se font souvent sur la base du bénévolat, c’est à dire gratuitement. Nous tenions à exprimer notre opposition à cet état de fait, car il déprécie la valeur du graphisme et ne participe pas à la reconnaissance du métier.
Problématique
omment mettre en valeur les problèmes inhérents au format d'un concours de création graphique ?
Recherche
Nous avons développé deux propositions, qui mettent toutes deux en avant le fait que le designer qui répond à un appel d'offre de la sorte n'est pas rémunéré pour son travail.
La première proposition (présentée ci-dessous) visait à découper l'affiche en différentes sections. En divisant spatialement, et donc de manière concrète, la surface que nous devions investir et en attribuant à chaque division le prix de 0 €, nous avons mis en avant le fait que malgré le travail effectué et les compétences mobilisées, notre effort n'était pas récompensé.
La seconde solution (présentée ci-dessous) visait à mettre en lumière des affiches iconiques du festival tout en précisant qu'elles avaient été conçues ou données gratuitement au festival. Ce projet vise à rappeler que le travail de graphiste est un travail comme les autres, qui mérite salaire.
Nos propositions ont toutes deux un aspect effronté car à un concours prestigieux, nous avons répondu par un traitement minimal et une qualité approximative, afin de montrer de façon visuelle notre refus d'adhérer à une demande de la sorte.
LouiseB & LouiseI
Problème
La participation à un concours de graphisme nécessite la production de formes innovantes. Dans cet aspect compétitif, le graphiste doit se démarquer en proposant de nouvelles formes graphiques « jamais vues auparavant ».
Problématique
Le graphiste peut-il réellement se montrer innovant dans un monde où tout artiste / designer cherche à l’être, ou est-il juste condamné à s’inspirer continuellement d’autres de manière volontaire ou non, afin de constituer de nouvelles formes ?
Recherche
Notre réflexion autour de cette création d’affiche s’instaure de manière caricaturale, en reprenant des œuvres déjà créées, plus ou moins connues, afin d’en recréer de nouvelles.
Nous avons produit trois affiches reprenant ce principe, mais s’ancrant dans différents contextes.
Dans un premier temps, les formes utilisées reprennent les principes de trois designers / studio (Neville Brody, le studio Grapus, et Josef Müller-Brockmann) que nous autres, étudiants en design graphique, avons dans notre bagage référentiel. Ainsi, les principes propres à chacun de ces designers sont remaniés afin de créer une nouvelle affiche entremêlant les styles.
La deuxième affiche reprend les affiches des précédents lauréats du Concours d’affiche des professionnels chaumontais. Nous nous sommes inspirées de deux affiches de studio reconnues dans le domaine (DeValence, Raphaël Vonaesch et Marlis Zimmermann).
La troisième affiche, quant à elle, reprend les principes graphiques des lauréats du concours d’affiche étudiant de Chaumont, de l’édition 2019.
Ce travail nous a permis de poser plusieurs questionnements :
- Quelle est la limite / frontière entre copie et inspiration ?
- Peut-on réellement être innovant sans se laisser influencer ?
Léa & Romane
Problème
Le graphiste est contraint de répondre à la commande du client en (peut-être) s’effaçant. Il n’a pas de place pour laisser paraître ses propres points de vue sur les sujets abordés.
Problématiques
En tant que designer graphique, comment porter un regard critique sur sa discipline en prolongeant la thématique du concours étudiants 2010 du 21e Festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont dont la thématique était : « Le graphisme, qu’est ce que c’est ? » ? Le graphisme peut-il être critique tout en répondant à une commande ?
Recherche
Nous avons voulu montrer au grand public, et questionner, le temps passé par un graphiste pour réaliser des affiches. Certaines personnes qui n’ont que le résultat final devant les yeux ne se rendent pas forcément compte des heures de travail acharné passées par le graphiste. D’ailleurs on connaît tous l'expression « les graphistes ne comptent pas leurs heures ».
Par un système d’énumération et d’ajout, à l’image des tickets de caisse, nous avons listé et additionné les différentes étapes rencontrées lors de la prise de contact avec le client jusqu’au paiement en passant par la phase création / production.
Le résultat assez imposant laisse la place au spectateur de l’interpréter et de le questionner. Pour amplifier ce résultat, à l’aide d’un QR Code, le spectateur enclenche un compte à rebours lui permettant de se rendre réellement compte du temps qui s’écoule. Nous avons opté pour une position engagée mais discrète, laissant une part importante d’interprétation au spectateur. C’est pour cela que malgré le résultat final d’heures cumulées très élevé, un astérisque nous indique que cette affiche n’a été réalisée qu’en sept heures.
Questions retenues par Rémi
- Est-ce que le graphiste est un couteau-suisse ?
- De quelle manière les outils du graphiste le conditionnent-ils ?
- Le graphiste doit-il s'effacer derrière sa production ?
- Comment susciter la proactivité du récepteur ?
- st-ce le fond ou la forme qui prime ?
- Qu'est-ce qui définit un bon ou un mauvais graphisme ?
- Est-ce que le graphiste peut être innovant ?
- Dans quelle mesure l'emprunt constitue-t-il une usurpation ?
- Où placer son énergie en tant que graphiste ?
- Comment choisir entre le beau et le fonctionnel ?
- Quel intérêt pour le graphisme ?
- De quelle manière utiliser le savoir-faire du graphiste de manière positive pour l'éducation ?