ppg cinq
résider dans l’enquête :
enquêter dans la résidence
thème de travail initié par Marie L.
Contexte
Suite à mon mémoire de recherche, j’ai remarqué que le designer graphique est légitime de participer à fabriquer l’être-avec* et peut y intervenir du point de vue matériel en étant dans cet être-ensemble, en agissant et co-créant AVEC ses différents acteurs.
Cependant, les limites de cet agir-ensemble, n’ayant pas toujours d’impacts (tangibles ou non) dans le temps, conduisent à repenser la manière dont le graphiste peut investir l’être en commun : au lieu de proposer des réponses à un problème, il peut poser des questions, élaborer des hypothèses. Le design ethnography s’inscrit dans cette démarche, puisqu’il consiste à enquêter sur un terrain, in situ, à le documenter, à en rendre compte.
Problèmes
Comment être sûr de l’intérêt d’une enquête de terrain par le design graphique sans en pratiquer une soi-même ? De même, comment en percevoir la mise en place et les limites sans la tester ?
Problématique
Pourquoi et comment le designer graphique peut-il rendre compte de l’être en commun d’une résidence étudiante (espace privé) par le biais d’une enquête de terrain ?
Consignes
Vous élaborerez une série de questions motivant votre enquête : Pourquoi la faire ? Pourquoi enquêter sur l’être en commun d’une résidence étudiante ?
Vous imaginerez ensuite les modalités de votre enquête (Protocole ? Implication des différents acteurs du terrain ? Part de contingence ? Organisation pour entrer dans la résidence ?) et la ou les manière(s) dont vous pourriez la donner à voir et la diffuser (forme, format, médias…).
Gardez en tête que les modalités d’enquête peuvent influencer les formes de restitution, tout comme l’inverse.
Pour des contraintes de temps, IL NE S’AGIT PAS ICI DE RÉALISER L’ENQUÊTE, mais bien de réfléchir à ses modalités et ses modes de restitution.
La résidence étudiante à laquelle vous vous intéresserez devra se situer dans les quartiers Centre de Roubaix : voici une carte pour vous aider.
*Être-avec (à ne pas confondre avec commun, commune, communauté, communautaire, communautarisme, collectivité, société, proximité) : lorsque l’on est en commun, on ne partage pas nécessairement les mêmes idées, valeurs, intérêts, envies, projets ou différences. C’est pour cette raison que je préfère l’expression d’« être-avec » à celle de « commun ». Être avec ne revient pas à gommer les différences ni les intérêts partagés, mais à voir comment être ensemble aussi bien avec des différences que des valeurs similaires. Dans ce sens, l’être-avec ne distingue pas plusieurs communautés exclusives, notamment afin d’éviter des cultures closes et définies où être ensemble pourrait poser problème.
durée : 10h00 / dates : 21 et 28 novembre 2025
Marie L. & Paula
Problème
Il paraît incohérent d’étudier l’être en commun d’un lieu (ici d’une résidence étudiante) sans impliquer ses acteurs.
Problématique
Comment le graphiste peut-il impliquer les usagers d’un lieu dans son enquête ?
Recherche
Questionnements :
- Comprendre les habitudes de vie des usagers, leurs conditions de vie.
- Connaître les usagers (âge, genre, situation professionnelle…)
- Comprendre les habitudes du lieu et de la résidence.
- Connaître les ressentis des usagers sur leur résidence.
- Connaître les liens sociaux entre les différents usagers.
Suite à ces questionnements nous avons choisis de mêler les usagers d’une résidence à notre enquête par le biais d’un questionnaire participatif; ce dernier est une expérimentation ludique qui se détache de questionnaires plus classiques (QR codes, prospectus, données sociologiques formelles…). Nous nous sommes demandé comment faire participer le plus de personnes en sortant de l’ordre de la contrainte (aspect formel, durée de la participation…).
On imagine que l’affichage se fait en accord avec les gérants des lieux dans les espaces communs de la résidence (hall, local boîte aux lettres…). Pendant un mois se succèderont quatre grandes questions, une par semaine, laissant le temps aux usagers de participer tout en permettant de voir l’évolution des réponses. Des gommettes sont à disposition pour partager son avis. Les questions sont sur de grands formats qui interpellent l'œil des habitants dans leur quotidien.
Chaque support rappelle le titre du projet : « Ensemble, parlons de notre lieu de vie », et un texte expliquant la démarche à suivre. Comme dit précédemment, la mise en page de ces supports se veut ludique, grâce au système de gommettes qui permet de se positionner sur des curseurs, cases… et grâce à une mascotte, de petits yeux « neutres » qui rappellent la multiplicité des individus.
Nous ne pouvons pas anticiper les données récoltées mais nous imaginons qu’elles pourraient rendre compte de l’usage de la résidence à ses gérants, afin par exemple d’ouvrir une réflexion et/ou un dialogue visant à améliorer l’être en commun du lieu.
Marie A. & Luca
Problème
La participation des étudiant·e·s aux dispositifs d’enquête installés dans les résidences demeure faible.
Problématique
Comment concevoir et adapter des espaces d’expression qui tiennent compte des déplacements et des pratiques des résident·e·s ?
Recherche
Pour ce projet, nous avons choisi de proposer différents types et formes de questionnaires et moyens d’expression pour les habitants des résidences étudiantes. L’idée est d’adapter la forme à l’espace où il sera installé, mais aussi au temps que chacun est susceptible d’accorder au formulaire.
Ainsi, le Compost à idées se décline en trois formes différentes : le questionnaire rédigé à glisser dans les boîtes aux lettres (et à restituer dans une urne installée non loin), la feuille d’expression à déposer dans des lieux communs comme une laverie ou une cuisine collective, et un questionnaire à gommette qui peut prendre place dans des lieux de passage tels que le hall d’entrée, les ascenseurs ou les couloirs.
Le questionnaire à gommettes peut par la suite être découpé et restitué sous la forme d’une édition. Les motifs formés par les gommettes deviennent alors matériau graphique à réinvestir pour l’enquêteur-graphiste, de même que les interventions sur la feuille d’expression.
Julia, Pauline & Timéo
Problème
Au sein des résidences étudiantes, le personnel professionnel à une place importante. La gestion des appartements, mais aussi de l’espace commun, son nettoyage et ses éventuelles réparations. Pourtant, il arrive souvent que ces professionnels ne soient que peu respectés par les habitants de la résidence, ce qui est notamment le cas du personnel d’entretien. En raison de ce manque de respect, il arrive aux habitants d’agir de manière égoïste et incivile dans les espaces communs, par exemple en les salissant ou en laissant traîner des déchets. Cela rend l’espace commun moins agréable pour tous les autres habitants et les membres du personnel de celui-ci.
Problématique
Comment amener les habitants d’une résidence étudiante à voir le personnel de celle-ci de manière nouvelle, afin d’amener une meilleure considération pour ceux-ci ?
Recherche
Nous proposons de réaliser une série d’entretiens avec différents employés travaillant sur la résidence, avec une journée de suivi de ceux-ci, leur parcours au sein de la résidence, leurs activités chaque heure et quelques questions sur leur métier, mais aussi leur ressenti sur leur lieu de travail.
Chaque entretien serait ensuite diffusé aux habitants de la résidence sous forme de flyers dans leurs boîtes aux lettres, les invitant à mieux découvrir les différentes personnes travaillant à leurs côtés.
Katell & Mathilde
Article 1.6 : Communication et affichage
« Tout acte, action, publication, publicité, témoignage, portant atteinte à l'intégrité et à la réputation de la résidence pourra mener à des sanctions. L'affichage, quel qu'il soit, n'est autorisé que sur les panneaux réservés à cet effet dans hall et dans les pièces communes, sous réserve d'avoir fait valider l 'affichage en question par le responsable ou le gestionnaire de la résidence. »
Problématique
Comment comprendre l’intérêt d’une enquête de terrain en design graphique lorsqu’on ne peut pas la pratiquer librement ? Comment le designer graphique peut-il rendre compte de l’être-en-commun d’une résidence étudiante, malgré les contraintes liées à l’affichage et à la réglementation interne ?
Idée directrice
Mener une enquête de terrain au sein d’une résidence étudiante afin d’observer comment les résidents réagissent à différents types d’affiches, et comment ces réactions révèlent la vie collective et les règles implicites du lieu. Comparer deux mises en page (l’une amateur et chaleureuse, l’autre institutionnelle et conforme à la charte graphique) pour analyser leur pouvoir d’attraction, leur légitimité perçue et les limites imposées par l’établissement.
Objectifs
Comprendre les marges de liberté dont on dispose lorsqu’on souhaite communiquer dans un espace privé comme une résidence étudiante. Identifier quel style d’affiche engage le plus les résidents à répondre à un questionnaire sur le vivre-ensemble. Mettre en lumière la manière dont la censure, la réglementation et le contrôle de l’affichage influencent la possibilité de créer du lien au sein du lieu. Tester la réception d’un dispositif participatif où les habitants écrivent directement sur l’affiche (cases à cocher, zones d’écriture, annotations spontanées). Révéler la difficulté de créer une communication libre dans un espace fortement cadré, et ce que cela implique pour la compréhension du collectif.
Approche plastique et méthodologique
Partir d’un constat réel : un flyer d’enquête disparu dès le lendemain de son affichage dans une résidence étudiante, révélant une forme de censure ou de contrôle implicite. Créer deux versions d’une même affiche, avec un contenu identique : l’une dessinée à la main, plus spontanée et accueillante ; l’autre reprenant la charte graphique officielle pour simuler une enquête institutionnelle. Tenter d’obtenir une autorisation d’affichage en démarchant le personnel de la résidence, puis la direction, afin de comprendre les critères imposés (contenu, ton, visuels, légitimité de l’auteur…). Prévoir un protocole d’observation basé sur la présence des affiches dans les parties communes et la documentation photographique régulière de leurs interactions par les résidents. Se confronter aux difficultés administratives, au manque de réponses et à l’impossibilité d’afficher, révélant les limites concrètes de l’enquête de terrain dans ce contexte.
Forme finale envisagée
Un dispositif d’affichage comparatif montrant les deux versions d’affiches prévues, accompagnées d’une analyse des réactions attendues et des obstacles rencontrés. Une mise en récit visuelle du protocole imaginé, mettant en lumière les tentatives, les échanges avec la résidence, les refus et les contraintes.
Une réflexion graphique et documentaire qui révèle la tension entre communication, surveillance et vie collective.
L’ensemble devient une manière de rendre visible ce que signifie enquêter dans un espace privé, où la construction du lien social dépend autant des habitants que des règles qui encadrent leur expression.
Questions retenues par Marie L.
- Sans prétendre obtenir de réponses précises ou de solutions concrètes à un éventuel problème d’être en commun au sein d’une résidence étudiante, qu’est-ce qui a et continue à motiver mon enquête ?
- À quelles échelles m’intéresser lors de ma recherche : étudiant vivant seul < en couple < famille < colocation… ? Résidents < gardien/agents d’entretien et autres corps de métier < gérants de la résidence et locataires… ? Comment ?
- Sécurité renforcée, manque de temps des usagers, style trop formel ou trop amateur, questionnaire collectif… Comment adapter mes outils d’enquête ? Puis-je me permettre de les tester ?
- Chaque groupe de designers graphiques a proposé une façon d’enquêter sur l’être en commun des résidences en faisant intervenir divers acteurs de ce dernier : pour ma recherche, cette implication des usagers est-elle plus pertinente que d’autres manières de procéder ? « Être en commun » ne leur évoquait pas une intervention sans impliquer « les autres » ?
- Pour cette forme d’enquête participative, chaque groupe a présenté un support papier : pourquoi serait-ce plus intéressant qu’un format numérique ?
- Comment impliquer les usagers autrement qu’avec la forme « classique » du questionnaire ? Cette forme est-elle à « bannir » ?
- Toujours concernant l’implication des usagers, une intervention et / ou sollicitation sous une forme ludique est-elle à privilégier ? Pourquoi ?
- Beaucoup de personnes de la classe semblent insatisfaites de certains éléments de leur résidence étudiante : même si toutes n’habitent pas la même, pourquoi ne pas organiser une table ronde autour de leurs ressentis sur la vie en ces lieux ?
- Le caractère privé de la résidence étudiante (gardien, règles d’affichage, caméras…) freine-t-il, voire empêche-t-il la recherche ? Cette expérience du terrain doit-elle me pousser à reconsidérer ma légitimité d’intervention dans la fabrique du commun en tant que designer graphique ?