le petit projet graphique \ 2023-24

petit projet graphique 2
le graphisme peut-il permettre de questionner notre futur ?

thème de travail initié par Jean Baptiste

Questionnement :
Particulièrement intéressé par les innovations scientifiquement plausibles développées dans la science-fiction, je cherche à rendre crédibles de potentiels changements futurs grâce au design graphique.

Extrait de l’article paru dans Le Monde :
Les nouveaux produits de consommation : une manne pour les Français ?
par Emmanuel Princot et Faustine Chabourg, publié le 26 mai 2028 à 14h06

[…] Au cœur du débat public depuis ce derniers mois ; la viande cultivée ne semble pas faire l’unanimité auprès des Français encore très attachés à leurs produits de terroir. Si l’Europe et l’État Français ont pourtant donné le feu-vert pour la production et la distribution de ces produits en France, seule la marque de viande française Charal a pour le moment annoncé avoir lancé un premier cycle de production dans son usines de Cholet à des fins de test. Pour défendre son projet la directrice de l’entreprise leader du marché, Alix Fade, expliquait hier au micro de France Inter : « La culture de viande in vitro consiste à prélever des cellules souches sur des animaux et à les utiliser comme source pour qu’elles se développent en dehors de l'animal. Le résultat est un produit qui a l'apparence, l'odeur, le goût et la texture de la viande que vous avez l'habitude de consommer, et ce, grâce à des manipulation génétique ou par mutation, sans limite d’approvisionnement dans le meilleur des cas. Si le procédé peut repousser au premier abord, c’est en réalité tout aussi anodin que de brasser de la bière. De plus ce produit pourrait résoudre un grand nombre de problématiques environnementales et éthiques liés à la production de viande qui constitue aujourd’hui un des secteurs les plus polluants. Le tout sans se priver ou être obligé de manger de la farine d’insectes. Cette viande pourrait donc également convenir aux végétariens. »

Si sur l’aspect purement fonctionnel, le procédé semble opérationnel, la marque doit encore convaincre les Français en vue de la commercialisation de son premier produit prévu pour la fin d’année. Pour ce faire la marque Charal a lancé un appel d’offre pour la réalisation du packaging de la gamme de viande de culture, ainsi que pour la réalisation d’une campagne de communication visant à améliorer l’image de ce produit tout récent en France.

Source d’inspiration : De la viande cultivée en laboratoire commence à être servie aux États-Unis


Instructions :
Vous avez le choix entre la création du packaging pour un steak in vitro Charal ou la création d’une campagne de communication sur support libre pour faire la promotion de la viande in vitro Charal.

Mention obligatoire sur le packaging :
- « Viande de culture » ou « viande in vitro »
- Ingrédient : 100 % viande de culture bœuf (origine France)
- 1 steaks haché
- 200g
- Bœuf Origine des ingrédients : France
- Logo Charal

Mention obligatoire dans la campagne de communication :
- Bœuf
- Logo Charal
- « Viande de culture » ou « viande in vitro »

durée : 9h00 / dates : 22 et 29 septembre 2023


Inès & Sarah

Problème
Charal veut se lancer dans la commercialisation de viande in vitro, mais son identité visuelle plutôt standard ne colle pas avec ses ambitions novatrices.

Problématique
Comment Charal peut-il se démarquer graphiquement de la concurrence pour que son nouveau produit hors du commun ressorte aux yeux des consommateurs ?

Recherche
Nous avons choisi de bouleverser complètement la stratégie de communication de Charal en lui donnant un style graphique beaucoup plus épuré que ce que l'on a l'habitude de voir dans la grande distribution.

Le packaging proposé reprend les codes du laboratoire et de la vision stéréotypée que l'on peut avoir du futur, tel qu'il est dépeint dans la science-fiction : un graphisme sans fioritures, sobre et poli, qui se concentre plus sur la passation d'informations brutes que sur une esthétique tape-à-l’œil. Pour gagner en cohérence, la vache du logo Charal ne devient plus que pixel, perdant alors sa dimension charnelle : la viande n'est plus viande, mais simple multiplication cellulaire.

Ce travail, imaginé comme une approche critique du packaging standardisé du XXIe siècle, nous invite à prendre le temps devant chaque produit et à reconsidérer notre rapport aux images commerciales parfois trompeuses.


Jean Baptiste & Jeanne

Problème
Charal veut commercialiser de la viande in vitro mais ce produit est encore loin de faire l'unanimité après des français·e·s.

Problématique
Comment faire apprécier ce produit et le démocratiser auprès d'une clientèle familiale ?

Recherche
Nous avons voulu travailler le packaging, premier contact du produit en supermarché avec le client. Notre envie était de cibler les enfants par des illustrations simplistes, un steak en forme de tête de vache et une gamme colorée pastel. Notre objectif avec ce packaging était de créer un produit intrigant, voire dérangeant, de par son apparence illustrant un futur utopique. Il présente une scientifique caressant un veau symbolisant le respect de l'animal et de l'environnement. La liste des ingrédients semble émaner de l'éprouvette, comme un gage de qualité et d'expertise scientifique. Nous présentons ainsi une gamme certifiée éthique dédiée à la famille : Charal Kids, avec son tout nouveau logo violet.
Nous voulions questionner la manière de rendre utopique chaque changement de notre société et savoir si effectivement nous pouvons tout commercialiser et embellir ?


Samuel & Tess

Problème
La viande in vitro est imminente dans les supermarchés. Cependant, le terme « in vitro » est encore vague pour le consommateur car il touche au domaine scientifique et peut ainsi apparaître hors de leurs préoccupations.

Problématique
Comment peut-on communiquer sur la notion d’in vitro au grand public et l'amener à un achat potentiel dans le futur ?

Recherche
Nous avons choisi de nous intéresser à l’affiche. Pour réussir à faire intégrer la notion d’in vitro, nous nous sommes axés sur un aspect ludique, permettant à la fois de susciter la curiosité des plus jeunes tout en interpellant le consommateur plus âgé. Pour cela, nous avons décidé de simplifier la notion afin qu’elle soit compris de tous (des cellules d’animaux se multipliant et s’assemblant pour donner la viande), pour ensuite dresser un parallèle entre la culture in vitro et les magnets qu’on colle sur le frigidaire et qui sont à collecter et à assembler dans le paquet de certains produits. A partir d’une photographie de steak, nous avons développé une série de modules magnétiques (une quarantaine au total), chacun découpé selon des règles géométriques. De même, nous avons opté pour une typographie rappelant les lettres magnétiques avec leurs bords arrondis et des couleurs contrastées ne se suivant pas d’une lettre à l’autre.

Notre projet mise sur la performance en direct. Dans la peau de deux promoteurs de la marque Charal, nous installons un panneau / tableau magnétique vierge directement dans le rayon viande du supermarché. Tour à tour, nous venons placer des éléments (textuels ou images) sur le tableau à mesure que l’exposé se déroule. L’affiche se retrouve construite en direct. Le ton employé est relativement léger, vulgarisant. Notre démonstration se termine par une invitation pour le public à participer en venant coller les différents magnets de viande. On donne au spectateur l’impression qu’il peut aussi devenir acteur et “construire” sa viande de la même manière qu’un scientifique le ferait dans son laboratoire.


Axelle, Corentin & Romy

Problème
Charal veut commercialiser de la viande in vitro mais ce produit est encore loin de faire l'unanimité auprès des français·e·s.

Problématique
Comment re-questionner le consommateur sur sa confiance envers une marque et ses produits ?

Recherche
Nous avons voulu travailler autour du packaging et de la communication. Notre cible était les consommateurs que l’on interroge à travers des affiches. On retrouve sur ces affiches un sticker posé sur une carte, une main ainsi qu’un boîtier de CD. Le but ici étant d’interroger le consommateur sur ce que nous dit l’étiquette et ce qu’elle cache vraiment. Notre objectif était de créer une affiche surprenante, qui suscite des questions et qui peut paraître étrange à première vue. Chaque étiquette a une couleur différente, et va à contre-courant des étiquettes utilisées sur la plupart des produits que l’on retrouve dans les supermarchés. Le choix typographique reprend aussi l’idée d’une viande derrière une vitre, le côté organique renforce l’étrangeté de l’étiquette, et questionne encore plus le consommateur sur son choix.

On pourrait alors envisager une étiquette qui serait adaptable sur tout support pour faire la prévention du consommateur sur le choix de ses produits et l’inviter à se questionner réellement sur ce qu’il consomme et sur sa confiance envers la marque. Le tout pourrait être une campagne à l’initiative d’une association d’éleveurs.



Questions retenues par Jean Baptiste

- Pourquoi une communication ludique fait-elle plus facilement accepter de nouvelles habitudes de consommation ?
- Sous quelles conditions la sobriété graphique permet-elle à un nouveau produit de se distinguer de ceux des concurrents ?
- Un produit ciblant les enfants bénéficie-t-il d'un capital sympathie plus important que les produits ciblant les adultes ?
- Comment exploiter son environnement quotidien pour créer des campagnes de communication personnalisables et plus efficaces ?