le petit projet graphique \ 2021-22

petit projet graphique 2
la responsabilité du graphiste

thème de travail initié par Juliette

Questionnement :
La déresponsabilisation.

durée : 9h00 / dates : 14, 15 octobre et 12 novembre 2021


Juliette & Eli

Problème
Dans notre quotidien et dans le domaine public, on ignore majoritairement la charge de responsabilité qui se cache derrière les images.
Nos choix et actes sont porteurs d’une certaine responsabilité au moment où ils sont exposés aux autres individus. Faire le choix de transmettre une idée, une information plutôt qu’une autre, c’est imposer sa perception, sa vision propre et imposer des valeurs bien déterminées.
Chaque designer graphique conçoit une multitude de choix (conscients ou inconscients) dans chacun de ses visuels et messages qu’il souhaite communiquer. À travers ces images se trouve finalement une certaine présence de manipulation du spectateur. Il faut donc veiller à faire des choix mûrement réfléchis pour ne blesser, heurter aucune sensibilité, aucune personne.
Le problème de cela est qu’un individu non averti ne se rendrait sûrement pas compte de toute la manipulation derrière les messages visuels qui l’entoure. Le fait que le créateur ait la liberté d’imposer ses choix, qu’ils soient graphiques ou informatifs, mène l’individu vers un message bien spécifique que le créateur a choisi de mettre en avant.

Problématique
Comment faire prendre conscience au grand public de la responsabilité d’un créateur qui se cache derrière une image ?

Recherche
Créer un atelier ludique permet de faire participer et de mettre en action l’individu, afin qu’il se place de l’autre coté de l’image (en tant que créateur) et puisse comprendre comment l’image est construite et quels sont les choix qu’il peut assumer ou non devant d’autres personnes.
C’est tout de même une responsabilité de choisir. Faire des choix graphiques qui répondent à une demande et qui sont voués à être vus et revus par d’autres que nous-mêmes, nous restreignent et déterminent ce que l’on peut dire / montrer ou non face à une population ayant des caractéristiques bien hétérogènes. Il y a des règles éthiques, morales, etc. qui sont à respecter de manière instinctive ou bien volontaire face à une collectivité.


Les consignes :


Les productions :


Le retour d'expérience :


CharlotteB, Andéol & Jeanne

Problème
Le graphiste qui réussit est sollicité par les commanditaires, car l'impact qu'il a sur le public lui est propre, il transmet son message d'une certaine façon avec « sa patte », et c'est ce que le commanditaire vient précisément chercher (Grapus, M / M). Le processus s'inverse, au sommet le graphiste adopte plus le rôle d'artiste que de graphiste. Il endosse les deux casquettes.
Dans un autre cas, souvent majoritaire, le graphiste est affilié à la place d'exécutant. C'est à dire qu'il se contente soit par choix soit par contrainte de se plier et de répondre le plus efficacement à la demande du client. L'objectif est de prendre le plus de distance personnelle avec le projet et de synthétiser le message afin qu'il soit le plus vendable et le plus efficace pour le client. L'ornement est un crime d'Adolf Loos, dénonce l'engagement d'un graphiste trop sensible qui ferait perdre de sa valeur et de son efficacité au message, trop de sensiblerie dénaturerait le graphisme et son rôle.

Problématique
Vitre ou prisme ?
Le graphiste serait-il simplement une vitre par laquelle passerait le message ou un prisme qui transformerait obligatoirement le propos ?
Béatrice Warde affirme que la typographie doit être comme du cristal c'est à dire que la lisibilité doit être l'objectif ultime, un peu comme le graphiste qui doit s'effacer au profit du message. Le strict opposé de ce principe, pourrait être la typographie Mistral qui est directement inspirée de l'écriture manuscrite de Roger Excoffon, par exemple.

Recherche
La démarche est d'enlever toute la couche culturelle et potentiellement superficielle du graphiste au sens de la communication, de la colorimétrie, de la mise en page, etc. Faire table rase des codes embarqués dans la publicité pour se déresponsabiliser d'une démarche capitaliste. Pour cela nous avons créé un template qui conviendrait à tous les produits. La mise en forme résulte par un catalogue qui fait état d'une totale objectivité. Les produits doivent quasiment se vendre par eux-mêmes. Un catalogue de grande consommation où tous les objets à acquérir, qu'ils soient issus du luxe ou de la grande surface sont au même niveau. L'œuf flirte avec le sac Chanel, la Porsche avec un pack de lait. Un pragmatisme qui passe par l'absence de choix graphique qui détournerait initialement l'acheteur des informations principales. Un pragmatisme à la limite du communisme. Un catalogue qui s'adresse à tous les budgets. Le client, l'acheteur, le consommateur doit en plus se confronter à tous les produits du fait qu'il n'y a aucune hiérarchie, les produit ne sont pas classifiés. Il est obligé de feuilleter toutes les pages pour trouver son bonheur, ou non.


Pierre Louis & Guillaume

Problème
Le Musée d’Histoire Naturelle de Lille nous demande de mettre à jour son feed Instagram et de créer une nouvelle identité visuelle pour son exposition sur la faune et la flore.

Problématique
Comment minimiser l’implication du graphiste dans la conception de visuels ?

Recherche
Le but de cette expérience est de laisser le client faire sa propre affiche, de choisir le visuel qui lui correspond le mieux.
Quand on entend graphiste fainéant, ce n’est pas le graphiste qui ne fait rien, qui laisse à son client le choix de tout, sinon nous n’aurions plus besoin de designer graphique. Mais par le biais de codage, de la conception de visuels aléatoires, qui sont eux-mêmes créés par le designer graphique, une multitudes d’images est générée, ce qui laisse le choix au client du visuel qui lui plait le plus. Le graphiste fait le choix des images, de la mise en page, de la typographie comme le ferait le travail d’un graphiste « normal ».
Au final, on ne donne pas au client un seul visuel mais bien le programme pour créer l’image. Après il est libre de choisir l’image qui correspond à son évènement. Le graphiste fainéant n’est pas fainéant dans la conception mais dans la finalisation.

vignettes pour le compte instagram du musée d'histoire naturelle de lille

CharlotteD & Emma

Problème
????

Problématique
Comment rendre compte visuellement de l’ambivalence de la responsabilité d’engagement dans le métier de graphiste ?

Recherche
Nous avons cherché à nous questionner sur le décalage qui peut exister entre les valeurs (morales, sociales, écologiques…) annoncées par un graphiste ou par une agence et sur le travail qu’il met en place et les clients avec lesquels il collabore.
Pour cela nous avons décidé de mener une étude de cas sur une agence de communication qui nous a semblé représentative de cette notion d’écart, TBWA (notamment reconnue pour ses nombreuses productions pour la chaîne de restauration McDonald’s). Si l’entreprise annonce sur son site vouloir « soutenir des enjeux de la société », une grande partie des projets qu’elle mène semblent en totale contradiction avec cette déclaration. De plus, certains travaux semblent « clasher» et discorder les uns avec les autres (affiches Mcdonald's / affiche prônant la protection animale), rendant compte d’une incohérence, voire parfois d’une absurdité de l’engagement de l’entreprise.
Le fait que TBWA se présente comme une agence engagée alors que dans les productions qu’elle met en place, ce n’est pas forcément le cas, montre que si l’on fait peser sur les créatifs, une responsabilité et un engagement moral et éthique, la plupart du temps la renommée et l’argent finissent par l’emporter.
Nous avons cherché à retranscrire graphiquement cette antinomie dans la notion de responsabilité par des procédés d’hybridation permettant la mise en tension de deux affiches servant des causes contradictoires.



Questions retenues par Juliette

- Quelles sont les différentes facettes du graphiste ?
- Quelles sont les contradictions que peut rencontrer un graphiste ?
- À quelle distance voir le détail ?
- Comment le graphisme clefs en main permet au graphiste d'alléger ses responsabilité ?