petit projet graphique 7
faire avec
thème de travail initié par Jehanne
Questionnement :
L’ordinateur constitue le principal outil de travail du designer graphique. En questionnant l’omniprésence de cette machine, ma réflexion porte sur le processus de production du graphiste. J’aimerais tenter d’établir une sorte d’équilibre entre ordinateur et matière. Faire avec les déchets du graphiste (brouillons, façonnages, chutes de papier…) semble être une piste envisageable pour tenter de diminuer le temps d’écran et augmenter le temps or-écran. Plus largement, envisager de produire des objets graphiques avec cette condition s’inscrit dans le contexte actuel de crise écologique. Cette contrainte est ainsi susceptible de donner du sens et une valeur éthique dans la réalisation d’une production graphique.
durée : 9h00 / 3 et 10 janvier 2023
Marilou & Romane
Problème
Avec les enjeux environnementaux d’aujourd’hui, on peut se demander s'il est toujours nécessaire de produire du neuf. Dans le domaine du Graphisme, beaucoup de matières (chutes, rebuts, projets inachevés, recto / verso…) peuvent être réexploitéée.
Problématique
Comment concevoir un graphisme à partir d’éléments inutilisés issus du domaine numérique ?
Recherche
Il nous a été demandé de réaliser une newsletter numérique à partir du dépliant du cinéma « Le Méliès ». Le graphisme de la newsletter a été « fait avec » les matériaux numériques habituellement inutilisés par le graphiste ou l’utilisateur. Plutôt que d’utiliser d’anciens contenus - procédé plutôt proche de la réappropriation - nous avons utilisé de la matière numérique cachée et inutile à l’utilisateur comme matière graphique. Ainsi, les lignes de codes utilisées pour créer un site internet sont utilisées comme matière première pour créer du texte et de l’image. Nous avons aussi exploité les typographies « Comic Sans MS » et « Papyrus » qui sont souvent rejetées par les graphistes. Ce mélange hétérogène d’éléments considérés comme des « déchets du numérique » remet en question les normes et les codes existants. Nous avons aussi fait entrer l’aléatoire dans le fond de la newsletter en utilisant des fonds colorés de sites internet, comme on aurait pu le faire avec des chutes de papier.
Ces différents choix questionnent la fonctionnalité de la newsletter et les limites de ces éléments inutilisés car le rendu n’est pas forcément optimal pour délivrer un message tel que ceux des newsletters.
Adèle & LouiseB
Problème
Dans un monde où de plus en plus de productions graphiques sont réalisées, et qui une fois « consommées » sont oubliées, nous nous interrogeons sur la manière dont on pourrait recycler, faire avec ce qui avait déjà été produit, et ainsi donner une seconde vie à des supports existants.
Problématique
Comment créer une nouvelle production graphique à partir de productions existantes ?
Recherche
Les deux affiches réalisées communiquent autour du spectacle Disco pour les Oiseaux à destination du jeune public (de 0 à 5 ans). Dans cette représentation, deux personnages s’opposent, le premier est adepte des nouvelles technologies, de la science et l’autre s’intéresse à la nature, à la faune et aux paysages. Afin de trouver des contenus faisant écho au spectacle, nous sommes allées récupérer des images dans des vieux magazines, des revues, dans les brouillons de la classe : des matières graphiques déjà produites. À la manière d’un patchwork, nous sommes venues créer un support composé de différentes matières graphiques, sur lequel nous avons imprimé les informations factuelles. Le recto ainsi que le verso de l’affiche ont été investis, faisant office de support graphique et ancrant davantage cette production dans une dimension de recyclage.
Canelle, Hugo & LouiseI
Problème
Jehanne a mis en évidence que le designer graphique produisait énormément de déchets, que ce soit des déchets tangibles ou bien numériques. Mais que faire de ces déchets ? La demande était de faire avec ces déchets, de les transformer, de les réutiliser pour en faire autre chose.
Problématique
Nous avons été assignés au sujet portant sur le dépliant.
Nous nous sommes posés la question suivante : comment réinvestir les déchets papier dans un ou plusieurs nouveaux supports de communication ?
Recherche
Nous avons procédé de la manière suivante. Tout d’abord, nous avons récolté des déchets papier de différentes natures : projets abandonnés, tests d’impression, échecs, brouillons, etc. Ces déchets ont été transformés par le biais du pli, de la découpe et de la déchirure. Chaque personne du groupe n’avait pas de tâche précise et chacun a pu expérimenter et donner la réponse la plus appropriée à son sens. Cette liberté dans notre travail nous a permis d’avoir une grande diversité de propositions. Par ailleurs, le format fini était, la plupart du temps, proche d’un A5 ou A6. Effectivement, le pli qui était une condition du dépliant réduit inévitablement la taille du papier. Cela nous a permis d’harmoniser nos résultats.
Jeanne & Rémi
Problème
Jehanne a mis en évidence le fait que la masse de déchets, qu'ils soient matériels ou numériques posait la question de produire avec l'existant. Par la réutilisation des rebuts, de nouvelles formes pourraient émerger.
Problématique
Nous nous sommes questionnés sur la quantité phénoménale d'affiches au format Decaux, des affiches périssables qui finissent par s'entasser de manière encombrante. Cette grande quantité de matière peut être utilisée et réinvestie. La question est donc : comment réinvestir des supports massifs comme les affiches Decaux et réutiliser leurs caractéristiques ?
Recherche
Nous avons décidé de réaliser une affiche pour Le Marché de Printemps 2022 de Roubaix. L'inspiration visuelle nous est venue du dépliant, dont l'illustration a été réalisée par le studio de création & de design graphique Flouk. Le côté végétal a donné lieu à des formes organiques et une méthode de travail instinctive. La récupération a donné lieu à un mélange de registres d'images, de textures et de trames qui témoignent de la grande quantité de matériaux de base que nous avons utilisés. La brutalité du visuel suppose une approche corporelle due à l'investissement du grand format, qui contraste avec la petite taille du dépliant. L'utilisation du verso s'inscrit dans une démarche jusqu'au-boutiste de récupération, quitte à ce que ce verso soit sale, il doit être utilisé. Loin de la recherche du beau, nous avons voulu nous confronter à l'emploi de formes que nous n'avons pas choisi, sur un format qui nous était peu familier.
Camille & Jehanne
Problème
Brouillons, chutes de papier des feuilles massicotées, verso d’affiches, anciens supports de communication déjà investis, papier de test d’impression, essais de façonnage… Le graphiste produit de nombreux déchets papier lors de l’exercice de sa profession.
Problématique
Dans un contexte de crise écologique, peut-on réaliser un objet graphique convainquant en ayant pour support ou matière première les matériaux-déchets du graphiste ? Concernant la création de fichiers numériques, est-ce que faire avec plutôt que faire à partir de nouveau, est applicable ?
Recherche
Pour répondre à cette problématique, un cadre concernant le fond était imposé ; composer une newsletter communiquant sur l’ouverture de deux nouveaux restaurants roubaisiens. La forme étant restée libre, nous avons décidé de tester deux manières de « recycler » du contenu numérique.
La première consiste à réaliser la composition d’une newsletter à partir d’éléments exclusivement issus de la corbeille de l’ordinateur du graphiste à l'œuvre. Les corbeilles possèdent un contenu différent d’un poste à l’autre. Il est intéressant de noter que le poste d’ordinateur utilisé lors d’une telle réalisation conditionne le résultat. Une question s’impose toutefois ; y a-t-il du sens, dans une logique écologique, à récupérer des éléments tirés de la corbeille numérique, tout en sachant qu’il est moins énergivore de supprimer définitivement ces éléments ?
La deuxième consiste à récupérer des images, typographies et compositions tirées d’une newsletter déjà parue. Après avoir travaillé sur la newsletter d’une enseigne de grande surface commerciale, il paraît nécessaire de prendre pour référence une newsletter dont la quantité de contenu est similaire à celle envisagée. Cela dit, ici, dans une logique écologique, il semble que nous économisons non pas la matière, mais plutôt l’énergie créative du graphiste.
Questions et remarques retenues par Jehanne
- Camille & Jehanne – newsletter : À l’image d’une bouteille plastique recyclée en crayon, peut-on envisager de recycler une typographie ? C’est-à-dire, confectionner un élément graphique tout autre à partir d’une typographie mis à la corbeille par le graphiste ?
- Marilou & Romane – newsletter : Quels peuvent-être les déchets numériques du graphiste ? Ils ont été définis ici comme étant les éléments inutilisés lors de la navigation sur un site web par un internaute (background, marges des sites web), les éléments lui sont cachés (code html), ainsi que les éléments typographiques jugés comme étant des fautes de goût dans la profession de graphiste (typographies Papyrus et Comics Sans). D’autres déchets ont été envisagé mais non montré tels que les outils du graphiste que le récepteur ne perçoit jamais (grille InDesign, repère d’impression…).
- Hugo, Louise I. & Canelle – dépliants : Faire avec est une contrainte qui semble avoir ici un impact sur le processus de production du graphiste ; ce n’est non plus le travailleur de l’image qui définit la composition dans un format choisi mais le format qui propose un rythme ; le contenu s’adapte à la matière. Les dépliants conçus par le groupe ont été proposés non comme moyen de recycler mais plutôt comme moyen d’expérimenter de nouveaux formats. Le pliage jugé convaincant vise ensuite à être appliqué en masse mais sur supports vierges. Mais peut-on systématiser une production de supports graphiques en masse en n’utilisant que des chutes ?
- Adèle & Louise B. – affiche : Face à l’« affiche patchwork » de Louise B et Adèle, peut-on remplacer à l’infini les éléments d’une affiche voire, plus généralement, d’un support graphique ? Si un élément éphèmère d’une affiche est cousu, il est possible de le découdre et le remplacer par exemple. Idem avec un collage.
- Rémi & Jeanne – affiche : À l’exemple des pliures ou défauts au verso d’une affiche, est-ce que tout est bon à prendre dans la récupération d’un support ? Faut-il prendre en charge toute son « histoire » précédent son réinvestissement ?
- L’ensemble des groupes a présenté des projets en investissant massivement les supports. Une telle saturation semble induire une volonté de soulager les consciences en recyclant un maximum de déchets sur un même support. Il semble intéressant d’envisager de travailler à partir d’un seul déchet.